80 km/h: L’ire de la Ligue contre la violence routière

Bernard Cazeneuve lance l’expérimentation du 80 km/h sur trois routes seulement provoquant la colère des ayatollahs de la répression routière. Peu habituée à ce qu’on ne cède pas à ses moindres caprices, Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière pousse un coup de gueule, forcément médiatisé,  dont elle est coutumière.

Il s’agit du deuxième revers essuyé par la Ligue contre la violence routière, qui n’est qu’une coquille vide archi subventionnée, après que le professeur Claude Got ait claqué la porte du Conseil National de la Sécurité Routière visiblement agacé qu’on lui désobéisse après des années de main mise sur un comité des experts composé presque exclusivement de scientifiques payés par l’Etat.

Le feuilleton des zones d’expérimentation à 80 km/h a donc trouvé son dénouement aujourd’hui avec l’annonce par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve de trois tronçons de route qui serviront à l’évaluation de la mesure. Ce jour-là, il a surpris une grande partie du Conseil National de la Sécurité Routière, celle des inquisiteurs de la sécurité routière, plus accoutumés à l’attitude complaisante et attendue de ministres traqueurs d’automobilistes. En annonçant qu’une baisse de 90 à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée sur les routes secondaires bidirectionnelles ne pouvait « être envisagée que de manière expérimentale et sur des segments très accidentogènes ».
On le lui reproche, au moins la fraction des ayatollahs de la sécurité routière qui déversent une haine de l’automobile depuis des années, ayant tribune ouverte sur presque tous les médias. Ceux-là sont atterrés par la prudence du ministre, fustigeant le « manque de courage » du ministre. Ils attendaient de lui une mesure « de rupture », certes impopulaire mais qui permettrait selon la formule éculée de Nilsson de sauver 400 vies par an. Ils ne l’ont pas.

 

La Torquemada de la Ligue contre la violence routière

Quelques dizaines de kilomètres, ce n’est même plus une expérimentation, c’est une observation

se moque l’autophobe Chantal Perrichon, partisane du toujours moins de vitesse sur la route, et qui avait pris l’habitude d’utiliser ce CNSR comme tribune avec, par exemple, la mise en avant de son fumeux LAVIA désormais moribond.

Bernard Cazeneuve a eu une attitude inacceptable. Sa décision unilatérale a montré une forme d’arrogance. Beaucoup de membres du CNSR ont été sidérés qu’on puisse les ignorer à ce point

ajoute Chantal Perrichon, le faire valoir répressif associatif habituel de la Sécurité Rentière, qui ne se gêne pas pour parler au nom des autres. Peu accoutumée à ne pas avoir une oreille complaisante de la part des pouvoirs publics, elle n’entend pas renoncer pour autant à son fond de commerce de la répression de la vitesse à tout va.

 

Les Français contre la baisse de la limitation

Il y a heureusement d’autres sons de cloche au CNSR, ceux des représentants des usagers véritablement concernés, que précisément on n’écoutait pas jusque là:

Le climat s’est extrêmement tendu parce qu’il y a quelques aigris qui se sont mis dans la tête d’imposer le 80 km/h

déclare Pierre Chasseray le délégué général de l’association 40 Millions d’automobilistes. En effet de multiples sondages montrent que 80% des Français sont opposés à cette mesure. Le CNSR est là pour proposer, pas pour imposer.
Mais Chantal Perrichon, qui ne veut pas perdre la main mise qu’elle détient depuis 2002 (date de son accession à la présidence de la Ligue contre la violence routière) sur la politique de sécurité routière du pays se venge en réclamant que soit « confirmé » le rattachement du Délégué interministériel « sous la responsabilité directe » du Premier ministre, Manuel Valls, qui avait déclaré que la baisse des limitations était inéluctable. Elle exigeait d’ailleurs encore récemment que soit réuni à nouveau le Conseil Interministériel de Sécurité Routière de triste mémoire depuis la levée de boucliers qu’il avait provoquée en Mai 2011.

« C’est une tentative de putsch, le baroud d’honneur de ceux qui veulent imposer le 80 km/h », déplore Pierre Chasseray. La guerre de tranchées n’est pas terminée, assure Mme Perrichon : « On ne s’attend pas à ce que le ministre change d’avis lundi, mais on ne lâchera rien. »

Comme à l’accoutumée, l’écolo-sécuritaire Chantal Perrichon défendra avec acharnement uniquement les mesures archi répressives et contraignantes qui peuvent nuire à l’utilisation de l’automobile dans notre pays.

Via Le Point Auto et AFP

 

 

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