Bientôt un péage sur le périphérique parisien et à l’entrée de Paris ?

Une vaste consultation est lancée sur la transformation des autoroutes urbaines et du périphérique pour les 30 prochaines années. La question de la création d’un péage urbain et périurbain sera posée, annonce Jean-Louis Missika, adjoint à la maire de Paris.

« La question du péage urbain et périurbain à mon sens mérite d’être posée ». C’est par cette petite phrase que Jean-Louis Missika, adjoint à la maire de Paris en charge de l’urbanisme et des projets du Grand Paris, a relancé l’idée de faire payer les automobilistes pour circuler sur des routes jusqu’alors gratuites.

Ce vendredi, lors du salon Autonomy à la Villette consacré aux nouvelles mobilités, l’élu a évoqué différents projets et réflexions « sur le devenir des autoroutes urbaines et du périphérique dans les années qui viennent ».

« Faire payer l’utilisation de l’espace public »

L’horizon est encore lointain (2024, 2030, voire 2050), mais les réflexions s’engagent dès maintenant sur la transformation des routes franciliennes, alors que se profilent des révolutions comme l’arrivée des véhicules autonomes, la fin des voitures à essence ou l’apparition de nouvelles formes de mobilités partagées (covoiturage, autopartage…). Et dans ce contexte, la question du financement n’est pas la moins importante.

« Il faut trouver le moyen de faire payer à son juste prix l’utilisation de l’espace public », a argumenté Jean-Louis Missika. Selon lui, pour financer 1 € d’entretien des chaussées, l’usager paye 2 € quand il emprunte des autoroutes à péages, 0,30 € pour les routes nationales et autoroutes gratuites, et 0,13 € pour les rues en ville. « Je ne demande pas à l’Etat d’instaurer le péage urbain, je lui demande de l’autoriser, a poursuivi l’élu. Il faut réfléchir à cette question ». Jean-Louis Misska a déjà son avis là-dessus : « Des autoroutes urbaines gratuites, est-ce vraiment sérieux ? Ma réponse est non », a-t-il lancé.

Son collègue adjoint aux transports, Christophe Najdovski, a rappelé un peu plus tôt que « la région Ile-de-France s’était positionnée pour mieux prendre en compte les usages des infrastructures en matière de tarification ». Une sorte de retour sous un autre nom de l’écotaxe abandonné par le précédent gouvernement, alors que des portiques de contrôles sont déjà installés dans la région.

« Il y a une utilisation opportune du trafic de transit en Ile-de-France, avec des poids-lourds qui préfèrent prendre la Francilienne, l’A86 voir le périph, plutôt que de payer le péage de l’A5 », a indiqué Christophe Najdovski. En réalité, à peine 3 % du trafic poids-lourds en Ile-de-France est un trafic de transit, a toutefois indiqué Gilles Leblanc, directeur de l’équipement de la région (DRIEA).

A plus long terme, l’idée est plutôt de faire payer l’utilisation de la route en fonction des usages (fret, transport collectif, transport individuel…). « En 2050, quand les véhicules autonomes tourneront 24 heures sur 24, le système de paiement du stationnement sera devenu obsolète, explique Jean-Louis Missika. Il faut envisager un système de redevance à l’usage. » En gros, réfléchir à faire payer l’utilisation de la route comme celle d’un réseau de métro ou de bus. Une transformation à long terme mais dont les bases se préparent aujourd’hui.

N.B. : l’utilisation de l’espace public n’est-elle pas déjà payée par les diverses taxes ? Taxe d’habitation, TICPE, carte grise, versement transport (entreprises), versement transport additionnel (entreprises), taxe par essieu (transporteurs). Est-ce que cela prendra la forme d’une vignette (péage virtuel, shadow toll), ou bien y-aura-t-il des barrières « à l’ancienne » ?

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