Le chantier du Grand Paris Express dérape (35 milliards au lieu de 22) (MàJ)

« Je tire le signal d’alarme depuis des mois », avait réagi la présidente (LR) du conseil régional, Valérie Pécresse, demandant à « auditer le budget » de la SGP, qui gère le projet.

Depuis, la SGP s’emploie à contester tout dérapage. « Les études préliminaires ont été faites sur la base de références papier très peu précises sur l’état du sous-sol, (sic !) explique Philippe Yvin, le président de la SGP. Entre-temps, nous avons réalisé des études techniques sur chacun des sept tronçons. »

Se fondant sur ces études, la SGP a réévalué le coût du projet, fin mai, à 28 milliards d’euros. Estimation à laquelle elle a ajouté 25 % de provisions pour risques et aléas de chantier, soit 35 milliards d’euros au total. La SGP estime qu’elle ne pourra s’engager qu’à l’été 2018 sur un coût d’objectif pour l’ensemble du réseau de 200 km et ses 68 gares.

La SGP a-t-elle été trop conciliante avec les élus ? Pas assez stricte lors des marchés passés avec les majors du BTP ? La polémique a placé son président dans la situation inconfortable de devoir justifier ses investissements. Et mis en lumière la faiblesse de cette structure de 200 salariés. « Il faudrait trois fois plus de monde à la SGP pour être en mesure de bien suivre les projets », estime un bon connaisseur du dossier.

En attendant une éventuelle réorganisation des instances du Grand Paris par le gouvernement, Philippe Yvin rappelle que le futur métro automatique « n’a aucun ­problème de financement et ne pèse pas sur le budget de l’Etat ». Outre les recettes d’exploitation à venir, la SGP est financée ­depuis 2010 par trois taxes en Ile-de-France qui lui rapportent 550 millions d’euros par an et lui permettent de recourir à des ­emprunts de long terme. Elle a contracté en 2017 une première tranche de 700 millions d’euros.

Le Monde


 

Le budget du nouveau métro francilien, évalué à 22 milliards en 2010, pourrait dériver de 10 milliards supplémentaires et atteindre les 35 milliards d’euros.

La fête est-elle déjà ternie ? Alors que Paris vient d’être désignée ville hôte des Jeux olympiques d’été de 2024, le spectre d’un important dérapage budgétaire pèse sur le Grand Paris Express, l’un des principaux « atouts » de la candidature parisienne.

Même si cette nouvelle infrastructure n’est pas comptabilisée dans le budget des JO, son coût est scruté, car l’obtention de l’événement oblige la Société du Grand Paris (SGP) à livrer d’ici à 2024 au moins deux ou trois des quatre lignes nouvelles (15, 16, voire 17), ainsi que le rallongement de la ligne 14, actuellement en chantier.

Illustration : lejournaldugrandparis.fr

Ce « chantier du siècle » devrait coûter bien plus cher qu’envisagé. Selon la lettre professionnelle Mobilettre, le Grand Paris Express, évalué à 22 milliards en 2010, pourrait, au rythme actuel des dépenses, coûter 35 milliards d’euros. La SGP refuse de commenter ce nouveau chiffrage.

Début août, le gouvernement a évoqué lors d’une réunion la question du Grand Paris Express et de ses perspectives financières. « A la suite de cette réunion, une expertise est en cours, confirme-t-on à Matignon. Les coûts du projet sont réévalués au fur et à mesure que le projet avance et que les données s’affinent. Il n’y a donc pas encore de chiffrage définitif. »  Des décisions restent cependant attendues le 23 octobre. Ce jour-là, le président de la République, Emmanuel Macron, prendra la parole lors de la conférence territoriale d’Ile-de-France.

Illustration Chabe01