Fermeture des voies sur berges : forte augmentation de la pollution (intramuros + extension à la petite couronne)

L’effet d’évaporation du trafic espéré par Anne Hidalgo tarde à se matérialiser à Paris : après 5 mois de piétonnisation, on parle de report plus que de diminution de la circulation.

Le quotidien Le Parisien poursuit la mission de juge-arbitre qu’il s’est donnée depuis que les services de la Mairie de Paris et de la Région Île-de-France livrent des décomptes différents du nombre de voitures en circulation et des conclusions contradictoires de l’impact de la fermeture des voies sur berge au cœur de la Capitale. Pour ce faire, les journalistes du Parisiense sont employés à examiner les données de comptage que met à la disposition du public la Mairie de Paris mais qui donnent lieu à des interprétations très diverses, selon que leurs auteurs soutiennent ou s’opposent à l’interdiction de circuler qui court depuis cinq mois.

Selon le décompte fait par Le Parisien, le nombre de véhicules n’a cessé de croître durant cette période sur ce qu’il est convenu d’appeler les quais hauts : + 56 % sur le Quai du Louvre et + 88 % sur le Quai Henri IV et le Quai de Gesvres.

Les rares baisses enregistrées sont loin de pouvoir compenser ces envolées du nombre de véhicules. La Voie Georges-Pompidou a vu son trafic divisé par deux, il a augmenté respectivement de 14 % et de 16 % sur les côtés Saint-Germain-des-Prés et Jussieu du Boulevard Saint-Germain. L’écart entre 2015 et 2016 a tendance à se réduire de mois en mois (signe que le nombre de véhicules a tendance à baisser) mais on dénombre toujours plus d’autos aujourd’hui que l’an dernier sur cette artère.

Concernant la qualité de l’air, la fermeture des voies sur berge voulue par Anne Hidalgo a eu un effet négatif. Selon le rapport, « les experts de l’IAU observent une détérioration de la qualité de l’air sur les 4 derniers mois de 2016. Cette dégradation constitue une inversion de la tendance jusque-là orientée vers l’amélioration. Le constat d’une augmentation des émissions et des concentrations de polluants pendant la même période s’appuie sur des études qui montrent, pour le parc automobile actuel, que le passage de 50 km/h à 20 km/h engendre une croissance des émissions d’oxydes d’azote de l’ordre de 50 %.

les experts ont constaté une hausse de 53 % de la concentration d’oxydes d’azote (NOx) et de 49 % des particules sur les quais hauts rive droite. Sur le principal itinéraire de report qu’est le boulevard St-Germain, la situation s’est également dégradée, dans une moindre mesure : + 18 % pour les NOx et + 15 % pour les particules. Pire, les stations Airparif ont constaté une augmentation de la concentration en NOx au-delà de cette zone précise, puisque le phénomène s’étend également à la petite couronne.

Source 1, source 2

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