La vraie utilisation de l’argent des contraventions (PV, radars…) : le rapport choc

Où va l’argent des contraventions ? Combien rapporte la répression routière ? Que financent les PV et les radars ?

Dans une étude de 24 pages, la Ligue de Défense des Conducteurs a réalisé une enquête sur l’utilisation de l’argent des contraventions en France.

Réalités Routières l’a résumé pour vous !

Chiffres clés :

  • la répression routière rapporte 1,7 milliards d’euros par an à l’Etat français
    • dont 700 millions provenant des radars (fixes, mobiles ou de dernière génération)
    • dont 1 milliard provenant des PV classiques, y compris les amendes majorées : stationnement, double file, arrêt, feu rouge (hors radar de feu), téléphone au volant, ceinture, fourrière
  • 220 millions d’euros servent à financer le « programme radars » (12%)
    • dont 2,35 millions d’euros pour le programme d’acceptabilité (comprendre : propagande d’Etat pour faire accepter la répression routière et les radars par la population)
  • 194 millions d’euros servent à financer la gestion du permis de conduire à points (11,4%)
  • 452 millions d’euros servent au désendettement de l’État (!) (26,6%) (ceci montre bien que la répression routière est utilisée comme un impôt)
  • 45 millions d’euros vont à l’agence de cohésion sociale (sic) (2,7%) : cette agence fait de la prévention contre la délinquance, mais ne s’occupe ni de « délinquance routière », ni même de sécurité routière
  • 679 millions d’euros vont aux collectivités locales (communes, intercommunalités, départements, régions), sans aucun suivi ni aucune transparence. Quand on connait la mauvaise gestion et le gaspillage des collectivités, cela fait froid dans le dos. Au moins 20% de cette somme est consacrée au programme destinée à améliorer les transports en commun et la circulation.

On y apprend également que 90% des excès de vitesse sont des petits excès de vitesse (<20 km/h, donc par exemple 123 km/h au lieu de 110, 88 au lieu de 70 etc. ; l’administration ne distingue plus les excès de 0 à 10 et de 10 à 20 km/h, sans doute pour éviter toute critique), que la rentabilité des radars est en hausse et que l’ANTAI (Agence Nationale du Traitement Automatisé des Infractions) a de très bons résultats (croissance interne), bien qu’elle soit peu transparente (même pour les sénateurs voulant enquêter). Il est ainsi précisé dans un rapport du Sénat :

la capacité de l’ANTAI à déborder de son champs primitif d’action et, en pleine cohérence avec ses statuts, à devenir l’acteur de référence en matière de traitement automatisé de l’ensemble de la chaîne pénale, au service de tous les ministères, administrations et personnes privées chargées d’un service public. (huissiers de justice, ndlr) […] Elle a une véritable activité industrielle

Sur l’ANTAI, située à Rennes, la rédaction de Réalités Routières a noté que un employé de l’ANTAI gagne en moyenne 8 000 € / mois (sic !), soit 4 fois plus qu’un français moyen ! Sans doute le prix à payer pour supporter de racketter le peuple français toute la journée ou pour ne pas dénoncer les pratiques de cette administration.

On y apprend également que l’argent récolté n’est pas utilisé pour financer les infrastructures routières (les reversements à l’AFTIF servent à financer les transports en commun essentiellement, la dette de la SNCF et RFF étant de 40 milliards d’euros).

Bref, vous pouvez dormir tranquille, l’argent des contraventions est bien utilisé ! (contre vous, bien sûr)

 

 

 

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