L’airbag moto sans fil en dix questions

Un airbag moto sans fil représente un investissement conséquent et suscite nombre d’interrogations. Nos réponses après 5.000 kilomètres d’essai du gilet gonflable Protect’Air de Bering.

La marque française Bering a poursuivi le développement de l’airbag sans fil qu’il fut le premier à commercialiser fin 2010. Cet équipement de sécurité, aujourd’hui baptisé Protect’Air, s’est déjà vendu à quelque 1 500 exemplaires, mais il suscite toujours autant d’interrogations auprès des utilisateurs de deux-roues motorisés. Au terme d’un essai de 5 000 kilomètres, nous sommes en mesure d’apporter des réponses à pratiquement toutes les questions. Notre conscience professionnelle n’est toutefois pas allée jusqu’à vérifier son efficacité lors d’une chute ou d’un accident. Mais le site du fabricant et certains forums recensent plusieurs témoignages rassurants sur le sujet.

L’accidentologie des motards révèle que les blessures au niveau du thorax, de l’abdomen et de la colonne vertébrale sont responsables de la moitié des accidents mortels. Un gilet gonflable permet de protéger efficacement le tronc en cas de choc ou de chute, et d’atténuer sensiblement les lésions. Le sac de 18 litres gonflé à l’hélium, comme les airbags de voiture, amortit les chocs plus efficacement qu’une protection traditionnelle et limite aussi l’hyper-flexion ou hyper-extension de la tête (coup du lapin).

Ce type d’équipement s’adresse en priorité aux motards qui parcourent de nombreux kilomètres et circulent par tous les temps. Mais tous les usagers d’un deux-roues motorisé sont exposés à un risque élevé, y compris en ville: porte qui s’ouvre, véhicule qui ne respecte pas une priorité, chaussée devenue glissante.

L’airbag est logé dans un gilet qui peut se porter sur une veste ou un blouson. Contrairement aux airbags filaires qui se déclenchent grâce à un câble accroché à la machine, le gonflage de l’airbag sans fil est radiocommandé. L’ordre est donné par des capteurs implantés sur la machine, un sur la fourche détectant les chocs, un autre sous la selle pour les glissades. Chez Bering, un voyant bleu atteste du bon fonctionnement du système. Pour ceux qui se déplacent en duo, un second gilet peut être appairé.
Le gilet intègre une protection dorsale homologuée CE dans laquelle se trouvent la cartouche de gaz et le boîtier électronique alimenté par des piles. L’ensemble pèse 1,7 kg et il ne dispense pas du port d’une veste ou d’un blouson de moto pour protéger ses membres supérieurs. Cette superposition de vêtements est chaude l’été. Il faut en outre ne rien porter par-dessus, veste de pluie ou sac à dos, qui pourrait gêner son déploiement. Après plusieurs semaines d’utilisation, le gilet se fait totalement oublier.

Bering commercialise son gilet airbag moto Protect’Air à 899 € pose comprise en noir, et 949 € en fluo. Une promotion de fin d’année permet néanmoins d’économiser 150 €. Un gilet passager coûte 475 € (noir) et 525 € (fluo), s’ils sont achetés simultanément, et 599 € et 649 € après coup. La durée de vie du gilet est estimée à dix ans. Après un accident, si le gilet est récupérable, un reconditionnement est possible contre 119 €. Quelques compagnies d’assurance, telles que AMV, AXA club 14 ou la Macif, remboursent tout ou partie du gilet après un sinistre.

Bering n’a pour l’heure qu’un seul concurrent, l’italien Dainese. Son airbag moto sans fil, baptisé D-air Street, équipe un gilet ou une veste. Le gilet est vendu 1 298 €, kit posé, et le gilet supplémentaire 799 €. Comparé au Protect’Air, il présente l’avantage d’être rechargeable sur secteur. Ce système équipe en série la Ducati Multistrada 1 200 S D-air. Enfin, la Honda Goldwing est également dotée d’un airbag, mais ce dernier reste solidaire de la moto et il ne protège pas le pilote en cas de glissade.

Le Figaro

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