L’automobiliste : le meilleur contribuable français !

NDLR : nous relayons ici un coup de gueule d’un automobiliste français qui a le sentiment d’être plumé à chaque déplacement… Nous ne le contredirons point !
Entre mouton que l’on tond et vache à lait que l’on trait sans fin, entre volaille que l’on plume et fruit mûr que l’on presse jusqu’au trognon, le contribuable français est certainement l’un des plus rentables au monde, et l’on se demande dans quel pays le génie taxifère se déploie avec autant de zèle imaginatif ! Mais, encore plus que le contribuable français ordinaire, et même s’il l’est déjà, l’automobiliste français est sans conteste le champion du monde toutes catégories du prêt à tondre ou à plumer, le meilleur contribuable !

Après avoir déjà pas mal dépensé pour l’achat de sa voiture, TVA comprise, il doit s’acquitter de la carte grise et de sa cotisation d’assurance obligatoire, avec encore la TVA. Et si le calvaire contributif s’arrêtait là, ce ne serait rien…

Arrivé à la pompe, passage obligé pour faire avancer son véhicule, le voilà pressuré encore grâce aux diverses taxes sur le carburant, la moitié du prix du litre (1€ de taxes par litre, ndlr). Veut-il stationner son véhicule – ce qui devrait être, dans un pays de liberté, un droit élémentaire, dans la mesure où l’on ne gêne personne (va-t-on bientôt taxer le piéton qui s’arrête dans la rue pour regarder une vitrine ou pour lacer ses chaussures ?) –, le voilà contraint de payer à nouveau : quel recoin de nos villes et villages n’est pas équipé de parcmètres et autres stationnements payants (à un euro et plus de l’heure !) ? Veut-il se rendre dans un lieu touristique ? Jusqu’au fin fond de la France la plus profonde, un nouveau parking payant l’attend ! Et gare à celui qui – distraction, manque de monnaie, parcmètre défectueux, etc. – ne s’acquitte pas de la redevance ! Son pare-brise sera illico décoré d’une belle contravention majorée à l’envie, et s’il ne paie pas, le Trésor public le poursuivra sans pitié pendant des années et jusque sur son compte en banque par ATD (avis à tiers détenteur) ou par huissier pour lui prendre le moindre centime d’euro réclamé… Emprunte-t-il l’autoroute ? De multiples péages sont là, un vrai Monopoly routier, dont les tarifs ne connaissent pas la crise, pour le plus grand bonheur des sociétés d’autoroutes et de leurs actionnaires.

Ouf ! C’est tout ? Non, ce n’est pas tout. Cerise sur le gâteau : il lui reste encore à payer l’impôt/sécurité routière. Les radars les plus sophistiqués (fixes, mobiles, immobiles, dissimulés, embarqués et autres) le traquent à chaque village désertique, à chaque descente où l’on a pu se laisser surprendre… Même le plus prudent des plus prudents, un jour ou l’autre, finira pas se faire pincer – crime abominable ! – à 52 au lieu de 50, ou à 92 au lieu de 90 et devra s’acquitter d’une coquette somme. Car l’automobiliste, en plus d’être le plus gros contribuable français, est considéré aujourd’hui comme un quasi-criminel, et donc traqué par toutes les gendarmeries avec un zèle qui fait rêver, lorsqu’on pense au laxisme qui prévaut concernant d’autres formes de la criminalité. Il est vrai qu’elles rapportent moins. Vous qui vous plaignez de ne jamais voir policiers et gendarmes surveiller vos quartiers, allez sur la route, vous serez comblés ! Ils sont partout, mais étant sur la route, par définition, et comme aurait dit La Palice, ils ne peuvent être ailleurs ! Et même – mais cela ne peut émaner que de mauvaises langues ! –, il paraîtrait qu’il y aurait des primes au rendement de contraventions.

Quel crime a donc commis ce pauvre automobiliste ? Celui de se déplacer, quelquefois pour ses loisirs, mais surtout pour son travail, et donc accessoirement pour payer ses impôts et ses taxes sans fin !

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