Les Français délaissent le diesel et privilégient les petites voitures

Avec 1 917 230 immatriculations, le marché français des voitures particulières retrouve des couleurs même si on est loin des records absolus avec un déficit de 200 000 voitures encore. Mais ce sont 121 345 voitures de plus par rapport à 2014 qui ont trouvé preneur. Cependant, la tendance est fondamentalement à la hausse et les mouvements brutaux constatés jadis ont laissé la place à des courbes en pente douce, mais constante.

Pourtant, la question est de savoir si cette relance sera durable alors même qu’elle a démarré en France plus tard que partout ailleurs. Elle est d’abord motivée par le vieillissement alarmant du parc (8,7 ans) qui, comme aux débuts de la reprise aux États-Unis en 2011, contraint tôt ou tard à changer de voiture. Le nombre de nouveautés, notamment françaises, a dynamisé le marché au point que sont 10 voitures tricolores qui trustent les premières places.

L’État a préféré encourager la vente des véhicules électriques (17 266 voitures) ou hybrides faiblement polluants (61 619) plutôt que d’inciter par la prime à la casse la mise à l’écart d’un vieux diesel. En d’autres termes, les mesures homéopathiques plutôt que le traitement de cheval destiné à l’ensemble du marché. Une bonne manière pour l’État d’équilibrer le système des recettes-dépenses qu’il maîtrisait mal par le passé.

Le poids du marché diesel et ses effets de balancier avec la motivation vacillante des acheteurs sont difficiles à anticiper dans la mesure où tout est fait actuellement pour rééquilibrer ses ventes avec celles des véhicules à essence. Objectif atteint en 2015 avec des effets contrastés. En effet, le poids du diesel sur les ventes s’est allégé, passant de 63,9 % en 2014 à 57,2 % cette année. La décrue se confirme donc après le pic à 73 % relevé en 2013.

L’essence récupère pour l’essentiel ces nouveaux adeptes (38,6 % des ventes au lieu de 33 %), d’autant plus facilement que l’offre diesel déserte les petites voitures d’entrée de gamme. Il n’est plus possible en effet de satisfaire aux normes à des conditions économiques acceptables avec un petit véhicule diesel. De ce fait, la France championne des émissions de CO2 calculées par constructeur aura des positions plus difficiles à défendre avec un diesel, structurellement bon sur ce seul point, mais pas ailleurs et de ce fait progressivement moins présent dans le parc.

Plus inquiétante est la paupérisation persistante du marché, plus attiré par les petites voitures « de nécessité » que les voitures compactes ou les routières. Les Français ont à 54 % choisi ces petits modèles qui, dans les 18 pays européens, ne retiennent pourtant que 42 % des acheteurs. Si nous sommes dans la moyenne avec nos voisins pour les compactes (28 % pour 29 % en Europe), en revanche, et en dépit d’une légère hausse d’un point, nous plafonnons toujours à 12 % des ventes de routières là où l’Europe se situe 5 points au-dessus de nous.

En cela, le Français a essayé à tout prix d’éviter le malus. Du point de vue gouvernemental, cela peut être vécu comme un succès puisque les voitures émettant plus de 130 g et donc « malussées » sont passées en deux ans de 23,1 % des achats à 13,5 %. Du point de vue du marché, l’effet pervers du malus conduit les acheteurs à choisir une voiture sous motorisé plutôt qu’une autre supportant un malus de 150 à 900 euros selon la catégorie jusqu’à 150 g/CO2. C’est réellement dommage car cela amène des voitures lymphatiques sur les routes et de ce fait moins sûres. Les constructeurs déploient de gros efforts pour abaisser ces émissions de CO2 dont on sait qu’ils ne sont pas l’essentiel de la pollution. Pour l’acheteur, il serait vraiment dommage de se priver d’un bon moteur pour un petit malus qui, de surcroît, peut être négocié dans le prix de vente avec le concessionnaire.

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