Les sociétés d’autoroutes 4 fois plus rentables que le CAC 40 : enquête de l’Autorité de la Concurrence

Des tarifs en hausse supérieurs à l’inflation, une rentabilité comprise entre 20 et 24%,… L’Autorité de la concurrence, selon les Echos, devrait livrer ce jeudi un rapport sans concession à l’égard de sept sociétés d’autoroutes détenues par les groupes Vinci, Eiffage ou Abertis. Saisie en novembre dernier par la commission des Finances de l’Assemblée nationale, l’institution dresse, selon le quotidien économique, un constat sévère sur 150 pages en dénonçant une «rente autoroutière».

« Elles  affichent toutes une rentabilité nette exceptionnelle, comprise entre 20 % et 24 %, nourrie par l’augmentation continue des tarifs des péages. Et cette rentabilité n’apparaît justifiée ni par leurs coûts ni par les risques auxquels elles sont exposées», explique l’Autorité.

(ndlr : rentabilité de 3 à 4 fois supérieure aux meilleures grandes sociétés françaises)

En outre, l’Autorité critique l’argument des sociétés d’autoroutes qui pour justifier les augmentations de tarifs se reposent sur le poids de leur dette pour réaliser de nouveaux investissements. Pourtant selon l’Autorité, cette charge « apparaît largement soutenable, et est par ailleurs géré dans l’intérêt des actionnaires, à qui est distribuée la totalité de leur bénéfice ».

Alors que la régulation de l’Etat est jugée « défaillante », l’Autorité envisage plusieurs recommandations notamment sur l’évolution des tarifs en préconisant d’indexer les tarifs des péages plus seulement sur l’inflation mais aussi sur la fréquentation de ces routes: plus il y a de véhicules plus les prix baissent. Mais pour changer les règles du jeu, l’Autorité estime qu’il faudra saisir le Conseil d’Etat pour en évaluer la faisabilité.

Par ailleurs, l’Autorité se montre très critique sur le plan de relance autoroutier, négocié par l’exécutif avec les trois grands groupes du secteur, actuellement en attente du feu vert de Bruxelles. Selon elle, cela reviendrait à prolonger les contrats actuels de six ans.

Le Monde

Voici ci-après le rapport

Comments are closed.