Nids-de-poule : « constat alarmant » selon les collectivités locales, la France passe de la 1ère à la 7ème place en termes de qualité de routes (rang mondial/Forum Économique Mondial)

L’application GPS communautaire Waze en a recensé plus de 31 000 dans la région, en un mois.

Les revoilà. Comme chaque hiver, les nids-de-poule font leur apparition sur les routes franciliennes. Entre le 1er et le 31 décembre, l’application GPS communautaire Waze n’a recensé pas moins de 31 178 notifications de ces trous traîtres dans la chaussée. Et ça ne s’arrange pas, la faute à des budgets qui se resserrent dans les collectivités locales.

Que ce soit sur le réseau géré par l’Etat (790 km d’autoroutes et voies rapides en Ile-de-France), les départements (9 000 km) ou les communes (plus de 20 000 km), le constat est le même : alarmant. A Paris intra-muros, les trous se multiplient selon tous les témoignages, malgré un budget conséquent (128 M€ en 2016) consacré à l’entretien de la voirie.

Nécessité absolue d’augmenter les budgets

« Entretenir des routes, ça coûte cher. Et dans un contexte où l’Etat continue de baisser les dotations aux communes, quand il faut choisir entre la rénovation d’une école et celle d’une route, on opte plutôt pour l’école », analyse Philippe Laurent, maire de Sceaux (Hauts-de-Seine) et secrétaire général de l’association des maires de France.

Le manque de finances génère parfois quelques tensions. A Sceaux toujours, le maire a dû prendre un arrêté pour empêcher les bus d’emprunter l’une de ses voies communales : « Beaucoup de bus y passaient et l’abîmaient. Comme je n’ai pas d’aides de la RATP pour l’entretien de la chaussée, je leur ai interdit le passage ».

Face à ces situations, le Sénat, en mars dernier, a voulu donner l’alerte. Dans un rapport intitulé « les infrastructures routières et autoroutières : un réseau en danger » il prévient de « la nécessité absolue d’augmenter les moyens consacrés à l’entretien du réseau routier […] avant qu’il ne soit trop tard, pour éviter de reproduire les mêmes erreurs que pour le réseau ferroviaire ».

D’autant plus que, selon l’Union routière de France, « les ressources issues de la route, c’est-à-dire la fiscalité diesel ou encore les amendes, augmentent. En 2016, elles ont représenté 39,2 milliards d’euros. Elles s’élevaient à 34,7 en 2013 ».

En écho à la récente réduction de la vitesse sur le réseau secondaire, Daniel Quéro, président de l’association 40 millions d’automobilistes estime que « ce n’est pas de la baisse de la vitesse que viendra une amélioration de la sécurité routière. On n’a pas parlé de l’alcool, de la somnolence, des distractions mais aussi de l’état déplorable des routes ». Rappelant que l’Hexagone est passé du 1er au 7e rang mondial en termes de qualité des routes (classement du Forum Economique Mondial), il précise que dans le même temps « l’accidentalité, elle, a augmenté depuis 2014. Peut-être faut-il établir un lien ».

Le ministère des Transports chercherait des ressources pour renflouer le budget de l’entretien des routes. L’idée d’une vignette anti-nids-de-poule a brièvement été envisagée, avant d’être aussi vite abandonnée.

Le Parisien