PV, radars, argent : mise au point sur les rumeurs

Le retour de la vignette automobile

Depuis près de 8 ans, la rumeur sur un prétendu retour de la vignette automobile fait rage, tellement bien que quelques sites d’informations relaient le canular lors de son lancement. Souvent relayé par mail, le message reste le même depuis quelques années, seuls les noms des politiques cités dans le mail changent en fonction du gouvernement en place. Et pourtant, la rumeur ne cesse d’enfler années après années. Elle ne commence à s’essouffler qu’en 2013, suite à une grossière erreur présente dans le message : en effet, l’hoax parle d’un certain « Jean-Marc Morandi  » comme ministre du Budget : or, en plus du fait que ce monsieur Morandi est parfaitement inconnu au bataillon, c’était Bernard Cazeneuve qui était à l’époque ministre du Budget. Malgré tout, certains continuent à relayer l’hoax et il est encore courant que  » 40 millions d’automobilistes  » doive le démentir.

Les permis obtenus avant 1992 ne peuvent pas faire l’objet de retrait de points

Depuis 2009, un message – circulant encore une fois par mail – affirme que les automobilistes qui auraient obtenu leur permis de conduire avant la mise en place du permis à points en 1992 seraient à l’abri des retraits de points, sous prétexte que la loi relative au retrait de points n’est pas rétroactive. L’hoax argue donc, qu’à ce titre, toute personne ayant eu son permis avant 1992 peut contester le retrait de points. Bien évidemment, c’est faux. La mise en application de cette loi concerne tous les permis, même les plus anciens.

Échapper au retrait de points en payant 1€ de plus

Nous ne pouvons pas dater exactement l’ancienneté de cet hoax qui serait né au Canada, mais certaines traces de celui-ci que nous avons pu identifier remontent à 2007. La rumeur indique que l’on pourrait tout simplement échapper au retrait de points en réglant une somme légèrement supérieure à l’amende. En refusant d’encaisser le remboursement du trop perçu, l’automobiliste bloquerait alors la procédure et empêcherait le retrait de points. Encore une fois, cette  » astuce  » est complètement fausse. Le paiement d’une infraction, quel que soit son montant, entraîne inévitablement le retrait de points.

La hausse du barème des contraventions

Cela va faire 5 ans que, tous les ans, une nouvelle vague de mails annonce la nouvelle tarification des retraits de points ainsi que du montant des contraventions. Cette rumeur, à de nombreuses reprises démentie, continue à piéger les internautes. Même si le barème est très élevé comparé à nos voisins européens (voir ici), il n’est pas prévu qu’il soit augmenté.

Les radars font la fortune du frère du ministre

Il s’agit sans doute de l’hoax le plus vieux de cet article. Apparu en 2005, ce message annonce que France 2 aurait fait un reportage sur un radar qui aurait été mis hors service pour facture impayée. Le journaliste aurait alors ajouté, mine de rien, que la société qui gère ce radar n’aurait pas payé sa facture d’électricité. Le message continuait alors sur l’indignation de son auteur, selon lequel l’argent des radars ferait la fortune de poches privées, qui ne seraient autres que celles du frère de Gilles de Robien, alors ministre des Transports ! Bien entendu tout ceci n’est que pure invention. Ce reportage de France 2 n’existe pas, et le frère du ministre ne s’en met pas plein les poches avec les radars qui sont, bien évidemment, gérés par des sociétés certes privées, mais qui n’ont, a priori, aucun lien avec les décideurs politiques.

Mais tout n’est pas faux ! 

Par exemple, l’association I-Test, qui a convaincu le gouvernement Fillon en février 2012 dernier de la nécessité d’installer cet équipement dans les véhicules, et l’entreprise Contralco qui les fabrique ont en commun un certain Daniel Orgeval. Ce dernier a la double casquette de salarié de Contralco et président de cette association à but non lucratif. La Ligue de défense des conducteurs (LDC) accuse ainsi I-Test et Contralco de conflits d’intérêts. «C’est un scandale» pour la secrétaire générale de la LDC, Christiane Bayard. «On aurait pu croire que cette association regroupait des familles de victimes ou bien des bénévoles désintéressés, et l’on découvre en fait que son président n’est autre que le représentant des fabricants d’éthylotests. Ce monsieur a réussi un coup de maître en garantissant à sa boîte un marché juteux de plusieurs dizaines de millions d’euros.» (voir Le Figaro)

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