Privatisation des contrôles radars mobiles embarqués pour bientôt

Le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, le 3 octobre à l’issue du Comité interministériel de Sécurité routière, organisé en urgence sous la pression médiatique du réseau de la Ligue contre la violence routière, a annoncé  qu’il cherchait à « augmenter, dans les meilleurs délais, l’utilisation des contrôles radars mobiles embarqués dans des véhicules banalisés, en confiant leur mise en œuvre à des prestataires agréés, sous étroit contrôle de l’Etat. » En effet la présidente de cette ligue, Chantal Perrichon toujours demandeuse de davantage de répression, ne cessait de prétendre sur toutes les ondes que ces véhicules étaient sous-employés, seulement deux heures par jour.

Le 6 novembre, Bernard Cazeneuve en a remis une couche en évoquant l’idée de faire appel, pour les contrôles radars mobiles embarqués, « à des réservistes de la gendarmerie. […] Et, si on n’y arrive pas, de faire appel à des sociétés privées. », justifiant sa proposition par le fait que les contrôles de vitesse sont trop chronophages à l’heure où les forces de l’ordre doivent être utilisées dans des tâches liées au renseignement, à la sécurité publique, la lutte antiterroriste ou le contrôle des flux migratoires.

En fait, il tente de rééditer le coup de communication de Nicolas Sarkozy en Octobre 2003 qui prétendait lors de l’inauguration du premier radar automatique:

Et les gendarmes, que feront-ils s’ils ne sont plus occupés à observer le trafic derrière leurs jumelles ? « Les hommes seront redéployés vers d’autres types de contrôles, comme l’alcoolémie, le port de la ceinture de sécurité ou l’utilisation du téléphone au volant »

Nous avons tous pu hélas constater que cette ambitieuse promesse n’a jamais été appliquée et que les contrôles jumelles et autres radars hiboux côtoient, voire suivent de près, désormais les cabines radars sur le réseau routier français.

Mais en réalité, les choses vont plus loin. Cette semaine, le Canard enchaîné explique que plusieurs contrats de maintenance des équipements arriveront à échéance au second semestre 2016 , et qu’un appel d’offres sera passé par les pouvoirs publics. Celui-ci contiendrait aussi un volet concernant la conduite des voitures banalisées servant à ces contrôles radars mobiles embarqués, ce qui devrait attirer des sociétés de VTC (voire Uber). Et l’hebdomadaire de préciser que « leurs missions effectuées, les prestataires toucheront, pour chaque feuille de route correctement suivie, et après contrôle des données GPS, un montant forfaitaire. Sans compter des « primes au rendement », comme pour certaines sociétés d’enlèvement et de mise à la fourrière. »

Cette rémunération à l’abattage présente un important risque de dérives. En effet, l’opérateur pour « gagner plus » ne sera-t-il pas tenté de retarder légèrement la validation d’un changement de limitation de vitesse à la hausse sur sa console?
En tout cas il s’agit d’une nouvelle contradiction avec le discours officiel selon lequel le système radars ne tiendrait pas compte d’une considération de recettes.L’article complet sur Caradisiac 

Des pétitions sont en ligne pour stopper ces projets délirants d’extension des contrôles radars mobiles embarqués

Ecrivez à votre député: Non à la généralisation des radars invisibles! grâce à l’outil informatisé de la Ligue de Défense des Conducteurs

Signez la pétition « Souriez, vous êtes flashés! » de 40 Millions d’automobilistes .

 

  • Marc VOISIN

    Je pense que cette pôvre Madame Périchon devrait prendre du repos et que ce cher Monsieur cazeneuve devrait se concentrer davantage sur les sujets beaucoup plus importants que les  » tracasseries » annoncées pour les usagers de la route !!!

  • Van Vooren

    Vous pouvez mettre 1 milliard de commentaires si personne ne bouge son gros c.u.l rien ne changera………….Qui ne veut pas se rebeller n’a pas le droit de se plaindre.

  • lesigne

    soyons sérieux occupez vous de la violence des rues, de Dash des terroriste et autres qui font bien plus de mort et de blessés. Mettre les moyens où il en faut et non pas organiser un racket systématique sur les route pour enrichir des entreprises privées, donner satisfaction financière au lobby sécurité routière de madame Perrichon,jurgensen, got qui s’enrichissent dans cette niche au détriment de la vraie gestion juste de la sécurité dont on a besoin en mettant moins d’argent sans prendre les conducteurs pour des vaches à lait. Et si il y avait des résultats à escompter ! mais non !!!! nous ne voulons plus être des veaux