Sécurité routière : ça ne marche pas, mais on s’en fout car ça rapporte (chronique H16)

L’actualité joue parfois de facéties qu’il est difficile de ne pas voir et parvient souvent à équilibrer une nouvelle tragique avec une nouvelle réjouissante, le tout pimenté d’une subtile dose d’ironie que beaucoup feignent de ne pas sentir, journalistes en premier. Le domaine de la sécurité routière n’échappe pas à cet intéressant phénomène.

En France, la sécurité routière, c’est plus qu’un marronnier, c’est devenu une institution. Littéralement, même, puisque ce qui était au départ un souci d’ordre social est rapidement devenu une entité politique puis institutionnelle à part entière, avec son joli petit site web, ses moyens financiers, ses campagnes de propagsensibilisation, et ses associations satellites lucratives à buts variables comme la Ligue contre la violence routière, actuellement conduite à tombeaux ouverts par Chantal Perrichon.

Ce pilotage effréné aura permis à l’association (ultra subventionnée, ndlr) de s’introduire avec constance dans les petits papiers des gouvernements successifs depuis les années 2000, ce qui se sera très concrètement traduit par l’apparition du permis à point, d’une avalanche de nouvelles obligations réglementaires comme le siège bébé et la baisse régulière du maximum d’alcoolémie autorisé. Elle n’est pas non plus étrangère à l’arrivée des distributeurs automatiques de prunes routières, mais elle arrive cependant après le lobbying permanent et agressif de certaines entreprises privées chargées de la mise en place des systèmes en question.

Radars dont l’implantation frénétique en France a toujours été présentée comme un facteur de sécurisation des installations routières du pays et dont le but officiel de réduire la vitesse moyenne des automobilistes en les surveillant assidûment à chaque instant de leur voyage a toujours été mis bien plus en avant que les éventuelles retombées financières que ces photo-matons de grand chemin génèrent pourtant.

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