Suisse : les policiers en ont marre de faire du chiffre

«C’est une utilisation illégitime des agents de police, qui ont d’autres tâches plus importantes à réaliser, comme la prévention ou la lutte contre la criminalité.» Les mots utilisés par Max Hofmann sont durs. D’après le secrétaire national de la Fédération suisse des fonctionnaires de police (FSFP), le budget «amendes» des administrations augmente chaque année. «Cela met sous pression les policiers, du commandant au simple agent», a expliqué le secrétaire à l’émission alémanique «10vor10».

D’après des chiffres publiés par 20Minuten, les radars ont augmenté de manière impressionnante. En 2008, 690 appareils photos étaient installés en Suisse, parmi eux, des radars vitesse et des flashes aux feux de signalisation. En 2012, on en comptait 742. Conséquence directe, les gains provenant des amendes ont également augmenté. En 2008, 3,5 millions de prunes étaient distribuées; quatre ans plus tard, la barre des 4 millions était franchie. En prenant le montant le plus bas des amendes d’ordre, les citoyens auraient reversé dans les caisses des cantons et des communes au moins 160 millions de francs en une année.

L’exemple du canton de Saint-Gall est déroutant. Entre 2013 et 2014, le canton alémanique a appuyé sur l’accélérateur pour son budget amendes. Il est passé de 13 à 21,8 millions de francs, soit une augmentation de 60%. Face à ces chiffres, la police cantonale saint-galloise s’est défendue dans un communiqué. «Nous ne gagnons rien des amendes. Nous augmentons juste la sécurité.» Mais la FSFP ne le voit pas de la même manière. «Une telle augmentation n’est pas explicable par des raisons de prévention. Nous pensons que cela sert uniquement aux bilans du canton et des villes», a conclu Max Hofmann.

 

20 Minutes

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