TGV : diminution du nombre de gares, ouverture à la concurrence (70% des lignes sont déficitaires, SNCF Réseau a 45 milliards d’euros de dette)

Jean-Cyril Spinetta vient de monter dans le train. L’ancien président d’Air France puis d’Air France KLM, dont il a géré le rapprochement, vient de recevoir la lettre de mission qui encadre le travail de réflexion à mener en marge des Assises de la mobilité. L’ancien patron de la compagnie aérienne a été personnellement choisi par la ministre des transports, Elisabeth Borne. «C’est elle qui a pensé à moi», a-t-il souligné lundi lors d’une conférence de presse aux côtés de la ministre.

Cette nomination, annoncée le 19 septembre au lancement des Assises, a étonné le petit monde du ferroviaire. Jean-Cyril Spinetta, dernièrement à la tête du conseil de surveillance d’Areva et précédemment connu dans l’univers de l’aérien, ne s’est pas penché sur les problèmes du ferroviaire ni sur ceux bien connus de la SNCF depuis trente ans. Il le reconnait lui-même: Ses dernières responsabilités dans ce domaine remontent à la fin des années 80 lorsqu’il dirigeait le cabinet de Michel Delebarre alors ministre des transports. Depuis, tout a changé dans le ferroviaire et même dans l’ensemble du secteur des transports.

Elisabeth Borne a résumé la mission de ce dernier qui devra être menée à très grande vitesse. En effet, ses conclusions seront remises au plus tard en janvier prochain pour pouvoir s’inscrire dans la loi d’orientation des mobilités prévue au premier semestre 2018.

Le chantier de Jean-Cyril Spinetta porte sur trois grandes thématiques. Tour d’abord, quelle doit être la place du ferroviaire dans la politique de mobilité, alors qu’en parallèle de nouveaux défis sont apparus (Cars Macron, covoiturage, congestion des villes en raison du trafic routier, succès du TGV low cost).

La question de la desserte du TGV

Deuxième axe: comment remettre sur pied le modèle économique et financier du ferroviaire alors que 70% des lignes TGV sont déficitaires et que SNCF Réseau ploie sous 45 milliards d’euros de dette qui atteindront 65 milliards d’euros en 2025. La performance des acteurs devra être étudiée mais aussi le fait que l’Etat n’assume pas toujours ses responsabilités, a reconnu la ministre. Et comment résoudre le problème de la desserte locale en TGV qui alourdit les coûts de la SNCF? «Les dessertes fines du TGV ont un impact non négligeable sur la situation financière de l’entreprise […]. Pour prendre une métaphore aérienne, on ne dessert pas Brive avec un A380», a précisé Elisabeth Borne. Par ailleurs les péages régulièrement augmentés par SNCF Réseau ne découragent-ils pas les opérateurs ferroviaires ?

Enfin troisième thématique: l’ouverture à la concurrence. La ministre souhaite qu’elle soit une réussite pour chacun: les clients, les opérateurs, les régions, les cheminots. Le calendrier européen prévoit que le TGV soit ouvert à la concurrence en 2020 et les TER et les Trains d’équilibre du territoire au plus tard en 2023.

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