Vidéosurveillance : les caméras servent aussi à verbaliser les automobilistes

Les automobilistes ont intérêt à surveiller leur conduite quand ils circulent en agglomération. Car l’usage de la vidéoverbalisation, adopté par une poignée de communes en France dans les années 2000, s’est brusquement accéléré. Ce dispositif s’est quasiment généralisé pour sanctionner à distance un conducteur. Par le biais de sa plaque d’immatriculation relevée sur les images, ce dernier, vite localisé, reçoit, quelques jours plus tard, l’amende chez lui.

Cet engouement pour la vidéoverbalisation est étroitement lié à l’explosion de la vidéoprotection. Les mêmes caméras et les mêmes agents qui analysent les images pour lutter contre l’insécurité peuvent aussi contribuer à lutter contre les incivilités au volant. Alors autant rentabiliser un lourd investissement en lui attribuant un double usage

Les voitures garées en double file sont traquées par les agents. «Car elles provoquent des embouteillages», explique Philippe Poupeau, directeur de la police municipale à Évry (ndlr, dont le maire était Manuel Valls jusqu’en 2012), où la chasse aux conducteurs indélicats par vidéo est lancée depuis deux ans.

Pour arriver à des résultats vite encourageants, les villes ne lésinent pas sur les moyens d’information. La plupart prennent soin de placarder des panneaux alertant le conducteur qu’il roule sous l’œil des caméras. À Marseille, où l’on a adopté ce dispositif depuis plus d’un an, il est encore trop tôt toutefois pour obtenir une amélioration notable. «On ne fait pas de matraquage aveugle. On demande aux agents d’agir avec discernement et de ne pas verbaliser une voiture garée sur la chaussée qui attendrait une personne âgée», explique l’adjointe chargée de la sécurité, Caroline Pozmentier. Malgré tout, les amendes pleuvent: 27.000 verbalisations par vidéo, ce qui constitue 25 % de l’ensemble des PV liés au stationnement sur la ville. (ndlr : l’argent des amendes est reversé à l’État ou à la communauté de communes)

Efficace et bien que répressif, le dispositif semble peu contesté par la population. Du côté de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil ), on ne compte que peu de plaintes de la part d’automobilistes: à peine une dizaine en 2013. (sic !)

Le Figaro

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