Reportage : le nouveau contrôle technique impossible à passer ? 606 défaillances possibles, 467 soumis à contre-visite, tarif +15-20%

MàJ 29/11 : reportage

Nouveaux contrôles techniques mission impossible _xvid from josseaume on Vimeo.

MàJ 25/10 : différents chiffres circulent au sujet du nouveau contrôle technique français. Il contiendra bien 606 défaillances possibles, dont 467 soumis à contre visite. 132 points seront contrôlés, certains pouvant être source de plusieurs défaillances. Voir également le Journal Officiel de l’UE. Le but principal est de réduire l’insécurité routière, selon l’article dans le JO, notamment afin de réaliser l’objectif « 0 décès sur les routes en 2050 ». Enfin, un État européen peut imposer, au delà la date du dernier contrôle technique, un nouveau contrôle lorsque le véhicule atteint 160 000 km.

 

 


En vertu d’une directive européenne, le contrôle technique évoluera le 20 mai 2018. Cet examen obligatoire va sanctionner plus sévèrement un certain nombre de défaillances et coûter plus cher aux automobilistes.

À compter du 20 mai prochain, l’engorgement des concessionnaires et autres réparateurs automobiles n’est pas exclu. Le groupe SGS, qui détient 32 % du marché des contrôles techniques avec les centres Sécuritest et Auto Sécurité, prévoit un doublement du taux de contre-visite. La raison? L’entrée en vigueur du nouveau contrôle technique automobile issu d’une directive européenne signée en avril 2014. Guidés par une volonté de réduire le nombre de victimes de la route et la pollution automobile, les députés européens ont introduit une nouvelle série de défaillances dites «critiques». Le véhicule contrôlé qui écope d’une ou plusieurs défaillances qualifiées de critiques se verra apposé sur le pare-brise une vignette signifiant l’obligation de contre-visite et n’aura que 24 heures pour effectuer la réparation ! Dans la majorité des cas, trouver dans un délai aussi court un professionnel capable d’effectuer la réparation est une illusion. En cas de circulation, le contrevenant s’expose à une amende de 135 euros (minorée à 90 euros si paiement immédiat). De quoi déclencher le courroux des automobilistes.

Désormais 467 défaillances soumises à contre-visite

Avec la nouvelle réglementation, la catégorie des défaillances passe de 2 à 3. Le contrôle va porter sur 606 points: 139 défaillances mineures, 340 défaillances majeures et 127 défaillances critiques. Ce qui change profondément la donne, c’est l’explosion du nombre de défaillances (ne les appelez plus défauts) entraînant une contre-visite. On passe ainsi de 196 défaillances dans le système actuel à 467 avec la réglementation en vigueur le 20 mai prochain. Pour les défaillances majeures, les automobilistes concernés bénéficieront d’un délai de deux mois pour effectuer les réparations et faire valider la correction de la défaillance auprès du centre de contrôle. L’affaire se corse pour les 127 défaillances critiques. Ces anomalies listées par la directive européenne concernent notamment une corrosion excessive ou une déformation importante d’un élément du châssis, une fuite ou l’absence de liquide de frein, usure excessive des plaquettes ou des disques, performances de freinage inférieures à la moitié du résultat attendu, le siège conducteur mal fixé, une détérioration du vitrage affectant la visibilité, jeu excessif dans la direction, fuites excessives de liquides, les portes ne se fermant pas, absence de rétroviseurs, pneu entaillé ou excessivement usé, feux stop ne fonctionnant pas, risque de chute d’un élément d’échappement, pare-chocs, etc…, fissure ou jeu excessif dans les trains. Ceux-ci devront être réparés dans les 24h.

«Aujourd’hui, nous avons un taux de contre-visite de 18 % dans nos centres», observe Éric Sarfati, président de SGS France. «Nous pensons que près d’un véhicule sur deux pourrait avoir à revenir en contre-visite». Corollaire de l’augmentation du nombre de points contrôlés, la durée du contrôle va augmenter. Pour compenser la baisse de rentabilité du fait de la baisse du nombre de véhicules contrôlés par jour, la société SGS a prévu une augmentation des tarifs, de l’ordre de 15 à 20 %. De même, les contre-visites font aujourd’hui l’objet d’un geste commercial au sein du réseau SGS France. «Ce ne sera plus le cas après la réforme» a prévenu Éric Sarfati. «Nous serons obligés de facturer la contre-visite car le contrôleur devra passer plus de temps pour vérifier que les défaillances majeures ou critiques ont bien été résolues», confirme Éric Sarfati. Le coût de la contre-visite pourrait avoisiner les 20 euros.

Pour faire face à ces évolutions, le réseau SGS France a déjà identifié un besoin de 200 contrôleurs supplémentaires. Des contrôleurs dont le niveau de formation va passer d’un CAP à un Bac Pro. «Nous estimons que nos besoins pourraient être portés à 500 contrôleurs à partir de mai 2018 avec l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation.»

Témoignage d’un contrôleur auprès de la rédaction Réalités Routiéres : « Certains points en contre-visite sont exagérés (par exemple le mécanisme de réglage des sièges), je crains de me prendre un poing sur la gueule […] Beaucoup de véhicules que j’ai vu passer ces 2 dernières années ne pourront pas passer le nouveau contrôle technique et seront bons pour la casse vu le montant des réparations. »

Le Figaro

Illustration : source

  • Vincent Marie

    chers journalistes …vous faites votre travail je suis tout a fait d accord mais renseignez vous correctement avant de sortir des papiers ou autres reportages avec de telles aberrations …vous serez certainement plus crédibles et respecter ……cordialement votre

  • Vincent Marie

    bien maxime c est tout a fait cela et pas 400 points de contrôle mais de 124 à 131 points

  • Maxime

    Vous avez fait une erreur concernant la défaillance critique : elle sera soumis également à une contre visite de 2 mois mais sera autorisé à circuler uniquement le jour du contrôle afin de se rendre sur le lieux de réparation.

  • Ronan le Goff

    les chiffres sont faux ont passera de 123 points a 131
    2017 453 points controlés 2018 599 points controlés
    sachant que ce ne sont que des alterations informatiques.

    • Rédaction Réalités Routières

      Bonjour,
      Merci pour votre commentaire.
      Après vérification, il s’agit bien de 606 défaillances possibles. La différence peut s’expliquer par la prise en compte de différents éléments, comme l’atelage, équipement de camping cars etc. qui ne sont pas sur tous les véhicules.

      Bonne journée !

  • Ronan le Goff