Alors que la transition vers les mobilités « propres » semblait être une trajectoire incontestable, plusieurs signaux, en France comme à l’international, viennent freiner son élan. Dernier exemple en date : la suspension de la mise en œuvre de la Zone à Faibles Émissions mobilité (ZFE-m) sur la côte basque, de Tarnos à Hendaye. L’agglomération Pays Basque a décidé de suspendre le projet, dans l’attente d’un vote national, alors qu’une commission parlementaire remet en question l’efficacité et l’acceptabilité des ZFE.
Le président de l’agglomération, Jean-René Etchegaray, a justifié ce retrait en évoquant un contexte politique et économique incertain : « Aucun panneau ne sera posé pour le moment. C’est un budget de 850 000 euros. Il est urgent d’attendre », a-t-il déclaré. Un recul qui s’inscrit dans un climat de doute croissant autour des politiques environnementales contraignantes dans le secteur automobile.
L’électrique en perte de vitesse ?
Ce mouvement de recul ne se limite pas à la France. À l’international, la stratégie tout-électrique européenne est critiquée, notamment par la Chine ou encore le PDG de Toyota, Akio Toyoda. Ce dernier estime que les voitures 100 % électriques ne dépasseront pas 30 % de parts de marché mondiales, plaidant pour une diversité technologique : véhicules thermiques, hybrides, hydrogène… Et surtout, un choix laissé aux consommateurs plutôt qu’imposé par les États.
La baisse de la demande pour les voitures électriques en Europe et aux États-Unis semble lui donner raison. Le retrait progressif des aides, la chute de la valeur des véhicules d’occasion et l’insuffisance de l’infrastructure de recharge rendent les acheteurs frileux. Même Ford, Tesla et Volkswagen ont ralenti la cadence, adaptant leur production à une demande inférieure aux prévisions.
Un modèle à revoir ?
Ces remises en question posent un dilemme : faut-il maintenir une trajectoire rigide vers l’électrification totale, au risque d’une fracture sociale et industrielle, ou adopter une approche plus pragmatique et inclusive comme le fait actuellement la Chine, en continuant à soutenir les moteurs thermiques aux côtés de l’électrique ?
La suspension de la ZFE au Pays Basque, loin d’être un cas isolé, pourrait être le symbole d’un tournant plus large. À mesure que les tensions montent autour des contraintes imposées aux automobilistes, le débat sur la viabilité économique, sociale et écologique de la transition automobile reste plus ouvert que jamais.
ZFE au Pays Basque : la mesure d’exclusion des voitures les plus polluantes suspendue – ici















