Faut-il vraiment lutter contre l’étalement urbain ?

Faut-il vraiment lutter contre l’étalement urbain ?

Il s’agit de l’étalement urbain, contre lequel tout politicien se doit d’annoncer qu’il lutte, sous peine d’être taxé d’être un fossoyeur du développement durable et de l’agriculture réunis. Vous avez forcément lu un titre d’article de presse vous expliquant que l’équivalent d’un département français était mangé par la ville tous les dix ans. Et cette lutte contre l’étalement urbain est un des piliers fondant les lois dites Grenelle de l’Environnement.

Une étude de M. Olivier Piron, ingénieur général des ponts et chaussées, parue mi 2013 et résumée par Vincent Benard confirme que l’étalement urbain n’est pas un problème :

1) Le vocabulaire employé par les instances officielles et le discours politiquement correct est volontairement péjoratif. Parler d’étalement urbain plutôt que d’expansion urbaine induit l’idée d’un phénomène naturellement nuisible. Évoquer une consommation d’espace par l’urbanisation induit que le terrain serait consommé, donc quelque part détruit. Or, il est juste affecté, et même si le changer d’affectation peut avoir un certain coût, affirmer qu’il serait consommé plutôt que utilisé n’est évidemment pas neutre.

2) Les chiffres alarmistes souvent repris par la presse, l’équivalent d’un département est consommé tous les 10 ans par l’urbanisation, sont faux, et proviennent d’un système de mesure satellite (Teruti-Lucas) destiné initialement à l’évaluation des typologies des surfaces agricoles, mais totalement inadapté à la mesure de l’expansion urbaine. […]

3) L’étalement urbain depuis la fin des années 1980 croît moins vite que la population : le développement actuel est donc relativement dense. L’accroissement de l’expansion périphérique est en fait davantage lié aux besoins d’équipements et d’emplois qu’à l’augmentation du nombre de logements.

[…]

4) Plus on veut faire dense, plus on fait cher. Le coût de construction en collectif est une fonction croissante du coefficient d’occupation du sol. De plus, raréfier la concurrence en périphérie du rare foncier disponible dans les cœurs urbains pousse le prix de ces derniers à la hausse. Dans un contexte où le prix du logement est le problème numéro un de nombreux ménages, et engendre pour la collectivité des coûts de prise en charge sociale toujours croissants, vouloir densifier à tout prix est bien plus qu’une erreur économique.

5) Enfin, et surtout, les ayatollahs de la densification pensent pouvoir ignorer ce que veulent vraiment les familles. Or, au-delà d’un certain seuil, la densification à tout prix est refusée par les populations.

« Les données montrent clairement l’impasse actuelle de la politique du logement. Au nom de concepts faux, comme celui de la consommation d’espace, et de données erronées sur le risque de l’étalement urbain, elle prône une densification impossible à réaliser, dont on ne trouve aucun exemple en Europe, et dont par surcroît les Français ne veulent pas. Et l’on s’étonne de la persistance de phénomènes de mal logement ? »

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