Transports en commun : au moins 267 000 personnes victimes d’atteintes sexuelles entre 2014 et 2015

Une enquête menée par l’Observatoire de la délinquance révèle le nombre effarant de victimes d’atteintes sexuelles dans les transports en commun. Un phénomène qui touche majoritairement les femmes.

Selon un rapport de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, 267 000 personnes ont été victimes d’atteintes sexuelles dans les transports en commun entre 2014 et 2015. Un chiffre alarmant qui lève le voile sur un phénomène pourtant bien réel dans notre société, mais qui n’avait encore jamais été quantifié jusqu’aujourd’hui. Baisers forcés ou caresses pour près de 160 000 victimes, exhibitions pour près de 110 000 personnes, elles sont 44% à avoir subi des actes de même nature. 85% d’entre elles affirment également avoir déjà été la cible de frotteurs. Et dans 26% des cas, l’agression survient dans une gare ou une station de métro. Pire encore, 160 000 personnes interrogées disent avoir été victimes d’attouchements, de rapports sexuels ou de tentatives de rapports sexuels non désirés. L’enquête met également en lumière de nouvelles pratiques qui pourraient prendre de l’ampleur. C’est le cas de l’upskirting qui consiste à prendre des photos sous les jupes des femmes.

Les jeunes femmes et celles vivant en Ile-de-France sont les plus touchées

 L’enquête nous fait part de deux autres constats. Le premier : les femmes les plus touchées sont jeunes. “Les jeunes femmes sont nettement plus exposées que leurs aînées. Le taux de victimisation des métropolitaines ayant de 18 à 21 ans atteint 2,3%. Jusqu’à 30 ans, le taux est relativement stable. Après 30 ans, il diminue régulièrement pour atteindre 0,3% pour les femmes de plus de 45 ans“, indique le rapport. Le deuxième : elles habitent surtout en Ile-de-France. 7,6% des jeunes femmes franciliennes âgées de 18 à 21 ans ont reconnu avoir été victimes de harcèlement ou d’agression dans les transports. 13% des victimes étaient mineures au moment des faits. Ces atteintes concernent encore 4 à 5% des femmes âgées de moins de 35 ans. Seulement 1% des femmes de 45 ans et plus ont été victimes d’atteintes sexuelles durant la période concernée. Si les chiffres donnent des frissons dans le dos, ce phénomène “pourtant traumatisant pour les victimes” reste encore beaucoup trop sous silence.
L’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales reconnaît également dans son étude que ces atteintes influencent le comportement des femmes qui développent des stratégies d’évitement, de résignation ou encore de contournement.

Aufeminin

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