Crise ouverte sur le métro du Grand-Paris

La présidente de la région Ile-de-France, la maire de Paris et les présidents de départements ont refusé de valider le budget 2018 du métro du Grand Paris.C’est le blocage ! François Durovray, président du département de l’Essonne et ses homologues Jean-Jacques Barbaux (Seine-et-Marne), Pierre Bédier (Yvelines), Marie-Christine Cavecchi (Val d’Oise), Stéhane Troussel (Seine-Saint-Denis) et Patrick Devedjian (Hauts de Seine) ont voté contre le budget 2018 de la Société du Grand Paris (SGP), en charge de la construction du métro du Grand Paris.

Christian Favier, le président du Val de Marne, s’est quant à lui abstenu. Dans ces conditions, Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France a suivi la majorité des départements et a elle aussi voté contre le budget, tout comme la maire de Paris Anne Hidalgo.

Les élus dénoncent « un budget provisoire qui n’assure aucune garantie pour la réalisation des lignes 17 et 18 du métro du Grand Paris » et, dans ces conditions, « considèrent que cela serait un non-sens de donner leur accord à ce budget », ont-ils fait savoir en demandant au gouvernement de rendre ses « arbitrages définitifs pour confirmer la réalisation de toutes les lignes dans un calendrier précis ».

Les élus rappellent que, depuis 2011, les contribuables d’Ile-de-France paient la « taxe spéciale Grand Paris » en supplément de leur taxe foncière, pour financer le métro sans en voir les bénéfices. «  Des projets d’envergure internationale, comme les Jeux Olympiques de 2024 et l’Exposition universelle de 2025, restent tributaires du respect des engagements de l’Etat sur les transports », s’alarment-ils. Ils rappellent que  la cohérence du réseau « repose sur la réalisation de l’ensemble des lignes nécessaires au développement des territoires concernés et qui serviront à l’amélioration des conditions de vie des habitants » .

Rumeurs de coupes dans les budgets

Plus prosaïquement, les études réalisées au lancement du projet en 2011 démontrent que les 200 kilomètres de lignes nouvelles à construire, pour un coût de 35 milliards d’euros, devraient permettre de générer au minimum une centaine de milliards d’euros d’investissements d’ici 2035 générant près d’un point de croissance du PIB national.

Cependant, depuis plusieurs semaines, les rumeurs les plus alarmantes courent sur les coupes que Bercy entend imposer dans le réseau. Raison officielle : le poids des emprunts que doit contracter la Société du Grand Paris (SGP) pour construire le réseau, pèse sur l’équilibre des finances publiques et complique le respect des critères de convergence que la France s’est engagée à respecter dans le cadre des accords de Maastricht.

Le gouvernement est certes garant des équilibres mais alors pourquoi demander parallèlement à la SGP d’avancer des fonds à des entreprises publiques comme la SNCF, ou à des consortiums privés pour construire des lignes dont la rentabilité socio-économique est bien moindre que le réseau du Grand Paris qui a déjà été revu à la baisse à deux reprises laissant peu de champ à de nouvelles économies?

« Sauf à vouloir refaire les erreurs des années 1970 avec ces quartiers de banlieue enclavés », lâche, amer, un expert de la banlieue parisienne. En effet, nombre de projets immobiliers desservis par le futur métro sont déjà lancés.

La Société du Grand Paris, quant à elle, s’en tient à faire savoir que le budget a pu être adopté [NDLR par les représentants de l’Etat] sur la base des dépenses connues à ce jour.

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