Fourrières : «J’ai enlevé des voitures en n’ayant plus le permis», «c’est un métier d’escroc, la course au chiffre» 

Emir, un ancien conducteur de dépanneuse raconte comment il se débrouillait encore récemment pour faire du chiffre… quitte à rouler sans permis.

Censés faire respecter la loi, tous les conducteurs de véhicule de fourrière ne sont pas toujours à 100% dans la légalité. Loin de là, selon les dires d’Emir*, la quarantaine, qui a exercé ce métier pendant plusieurs années et jusqu’à il y a peu.

Alors qu’il accepte de témoigner anonymement, il avoue sans sourciller : « J’ai enlevé des voitures alors que je n’avais plus un point sur son permis. » Et il a perdu la plupart en service. Ce qu’il ne digère pas d’ailleurs. Il a notamment été pincé alors qu’il conduisait le téléphone à la main pour répondre aux instructions de son employeur.

« Franchement, c’est un métier d’escroc. On se débrouille pour passer toutes les 20 minutes dans les mêmes rues pour débiter à mort. »

Il concède quelques feux rouges grillés, quelques priorités « oubliées ». Selon lui, la course au chiffre tourne à l’obsession. « J’étais payé 80 euros par jour travaillé. À partir de 250 véhicules, je touchais une prime de 7 euros par véhicule. Moi sans mentir, j’en enlevais 300 à 400 par mois. »

Entre 2 500 et 3 500 euros nets, le salaire mensuel est plutôt confortable. « C’est un travail dur, rappelle Emir. On est seul pour conduire, charger le véhicule en 4-5 minutes puis l’emmener à la préfourrière et on repart. On a un rythme d’un peu plus d’une voiture enlevée par heure en moyenne. »

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