Radars : l’implantation n’est pas toujours pertinente, les élus locaux ne sont pas consultés

INTERVIEW – Rapporteur du budget sécurité routière-circulation à la commission des finances au Sénat, Vincent Delahaye (UDI) publie un rapport en demi-teinte sur les installations de radars.

LE FIGARO.- L’implantation des radars en France est-elle pertinente?

Vincent Delahaye.- Ce n’est pas toujours le cas. Il apparaît que l’on trouve, par rapport au nombre de km, bien plus de radars sur les autoroutes qu’il en existe sur les routes départementales et communales, pourtant bien plus accidentogènes.

Pourquoi l’administration, qui fait le choix des emplacements, se trompe-t-elle en quelque sorte de cible?

Je ne dis pas qu’elle cède à la facilité mais on sait que sur autoroute, le matériel ne sera pas vandalisé et qu’il est plus facile à installer. L’administration, elle, considère que l’on éduque les conducteurs sur autoroute. Avec des radars sur ces axes, on leur donne l’habitude de rouler moins vite ailleurs !

Pourquoi relève-t-on de fortes disparités d’un département à l’autre, en matière d’installation de radars?

[…] On ne peut qu’avancer une hypothèse comme la crainte du vandalisme. On mettrait moins de radars dans le 93 par peur de dégradations qui entraînent des réparations toujours coûteuses.

La Corse, comme les régions d’outre-mer, sont dispensées des nouveaux types de radars déployés ailleurs. Ainsi, les radars tronçons, les radars de chantier n’existent pas sur ces territoires.

Souhaitez-vous que les collectivités locales aient leur mot à dire dans le choix des emplacements des radars?

À ce jour, les élus ne sont pas associés au choix des emplacements des radars, qui est l’affaire de l’État. Connaissant leur territoire, ils devraient pourtant participer à cette politique. En contrepartie, ils pourraient être associés au financement de ces équipements.

On taxe les radars de «pompe à fric». Qu’en pensez-vous?

Selon la projection pour 2017, l’argent des radars mais aussi le produit des amendes liées aux infractions routières vont rapporter 1,6 milliard. On sait que 425 millions vont aller à l’Agence de financement des infrastructures de transport de France, que 250 millions d’euros iront à l’Agence nationale de traitement automatisé des infractions, que 30 millions financeront le procès-verbal électronique ou encore que 430 millions d’euros participeront au désendettement de l’État. Ce volet est clair. Mais il existe un angle mort et cela concerne les collectivités locales. Ces dernières touchent aussi une partie du produit des amendes. En général, elles se voient attribuer environ 650 millions d’euros. Cette somme, qui est ensuite distribuée entre collectivités, doit servir au financement d’équipements permettant d’améliorer la sécurité routière. Or on ne sait pas ce qu’il advient de cette enveloppe et on ignore les réalisations qui ont suivi. Il faut améliorer la traçabilité dans ce domaine.

 

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