Après le retour de la vignette basée sur la puissance fiscale, une seconde basée sur l’éco-conduite ?

Nous vous parlions du retour de la vignette automobile basée sur la puissance fiscale, en réflexion en ce moment afin de compenser la gestion hasardeuse du budget de l’État, mais sous motif de financer les politiques environnementales ou les infrastructures de transport (les transports en commun principalement, la route arrivant en dernier) ; alors que toutes les autres taxes ont (avaient ?) déjà ce but : TICPE, carte grise, malus…

Voici maintenant la vignette « dynamique ». Explications.

L’IFPEN a lancé une application pour smartphone, baptisée Geco Air, et travaille sur une vignette connectée. Objectif, inciter les automobilistes à abandonner la conduite agressive (sic), plus polluante.

Les vignettes Crit’Air pointeront-elles demain, en temps réel, ou presque, les mauvais élèves en matière de conduite écologique ? L’Institut français des pétroles et des énergies nouvelles (IFPEN), en tout cas, y travaille. L’institut de recherche développe actuellement une vignette connectée, qui afficherait une note en fonction du type de conduite de l’automobiliste, aux côtés du classique numéro Crit’Air. « En cas de conduite agressive (sic), une lettre entre A et F s’afficherait. La couleur de la vignette pourrait aussi changer », explique Gilles Corde, responsable du programme logiciels et mobilité connectée. Encore au stade du concept, cette vignette sera disponible courant 2018. L’IFPEN compte ensuite travailler avec l’Ademe et les pouvoirs publics sur les modalités de son utilisation.

Emissions multipliées par 4

Selon les calculs de l’IFPEN, le type de conduite a des impacts majeurs sur les émissions polluantes. « C’est très connu sur la consommation de carburant, ça l’est moins sur les émissions », avance Didier Houssin, président de l’Institut. Sur un même trajet périurbain d’un véhicule diesel de segment C, conduire en limitant les accélérations et les décélérations, et en favorisant une vitesse constante, permet de limiter de 45 % des émissions de NOx et de 10 % celles de CO2, par rapport à une conduite plus agressive. Les émissions de NOx peuvent même parfois être multipliées par 4.

L’IFPEN a déjà développé, avec le soutien de l’Ademe, une application pour smartphone baptisée GECO Air, disponible gratuitement depuis janvier 2017. Fonctionnant à l’aide du GPS, celle-ci utilise les données stockées sur le cloud et les modèles numériques développés par l’IFPEN pour détecter le mode de conduite de l’automobiliste -et lui prodiguer de bons conseils pour réduire son empreinte polluante. Elle ne compte pour l’instant que 4.000 téléchargements.

Economie de carburant

Plusieurs start-ups ont développé un service similaire ( Drust , Wenow, Xee…), mais autour de boitiers connectés à fixer sur la prise diagnostic ou fonctionnant par bluetooth. Visant aujourd’hui essentiellement les flottes automobiles, elles utilisent pour l’instant davantage l’argument de l’économie de carburant que celui de la réduction de la pollution. (pourquoi forcer les usagers à ce type de conduite, alors que des applications privées existent ?, ndlr)

NDLR : pourquoi l’IFPEN parle de conduite agressive et non pas sportive, ou peu économique ? Le sens des mots est important.

 

Les Echos