«Les radars ça ne me dérange pas, je n’ai rien à me reprocher» : que répondre à cette ineptie ?

«Les radars ça ne me dérange pas, je n’ai rien à me reprocher» : que répondre à cette ineptie ?

Qui n’a jamais entendu cette phrase lors d’une discussion amicale ou familiale ? Elle est choquante sur plusieurs points, et voici quoi répondre à votre interlocuteur, entre autre.

«Je n’ai rien à me reprocher» : ah, vraiment ?

L’argument est très connu des défenseurs de la vie privée ou d’ONG comme Amnesty International, qui expose plusieurs arguments :

    • « La vie privée doit être un droit, à moins qu’un acte n’éveille des soupçons légitimes. » Karine Davison
    • « Alors, pas de problème si une webcam est placée dans votre salle de bains ou dans votre chambre ? » Ulf Carsson
    •  « Vouloir préserver ma vie privée NE VEUT PAS dire que j’ai quelque chose à cacher. » James Earl Walsh
    • « Rien à cacher – tant que vous adhérez à 100 % au point de vue et à la politique de votre gouvernement. » Emily Kate Goulding
    •  « On part de l’hypothèse que les personnes derrière les caméras de surveillance ne penseront qu’au bien des citoyens. » Roland van der Sluijs
    •  « Souhaitez-vous réellement vivre une vie de répétition abrutissante, et obéir à tout ? » Jia Hengjian

La Corée du Nord qui installe des micros et caméras chez les gens, tout comme la Stasi à l’époque de la République Démocratique Allemande (RFA ou DDR en Allemand). Toutes les organisations totalitaires cherchent à espionner leurs citoyens et violent clairement leur vie privée.  La mise en place d’une surveillance massive a été facilitée parce que les citoyens pensaient que, puisqu’ils n’ont rien à se reprocher et encore moins à craindre, alors ils n’ont rien à cacher. Cet argument avait été avancé par Joseph Goebbels en 1933.

A ce sujet :

Radars : pompe à fric et placés en tant que piège ?

En France, il n’y a pas de retour d’efficacité de chaque radar, pris indépendamment les uns des autres. Ainsi, il est impossible de savoir s’il y a vraiment un gain en terme de sécurité routière, qui serait bien entendu supérieur à une perte engendrée par la poste d’un radar (lire par exemple Les radars de feu provoquent 2 fois plus d’accidents (USA)).

La décision de l’emplacement des contrôles de vitesse n’est pas claire : pourquoi certains endroits sont privilégiés alors qu’il ne sont pas accidentogènes ? Les exemples ne manquent pas concernant les emplacements douteux des radars (lire par exemple Radars : l’implantation n’est pas toujours pertinente, les élus locaux ne sont pas consultés ou Exemple de radar piège : sur l’A10, la limitation à 110 km/h n’était pas indiquée lorsqu’on quittait l’aire d’autoroute (4 voies, limitée à 130 km/h avant l’aire)). Il y a par exemple de nombreux radars sur les autoroutes alors que la mortalité y est très faible (environ 200 morts par an).

Alors que les pouvoirs publics parlent eux-mêmes des radars comme source de revenus, comment être d’accord avec ce système ? A partir de quel moment un comportement que l’on souhaite diminuer n’entre pas en conflit avec les recettes fiscales ? Surtout depuis peu où les amendes nationales peuvent être reversées aux collectivités où a eu lieu les infractions afin de financer divers projets. Ces collectivités n’ont-elles pas intérêt à diminuer les limitations de vitesse, mettre des radars dans les emplacements non dangereux ?

Si les radars étaient utiles, ils ne seraient pas piteusement protégés par des cuirasses ou placés à 4 mètres du sol. Si les radars avaient une vertu, il y en aurait de moins en moins, pas de plus en plus.

La vitesse est-elle compatible avec la sécurité routière ?

Certains arguent que depuis la mise en place de radars, la mortalité routière diminue. C’est juste, elle diminue bien. Tout comme la mortalité routière en Allemagne et dans de nombreux pays du monde entier. La mortalité routière en France est équivalente à celle de l’Allemagne, et ce depuis 1950 ! Alors qu’outre Rhin, les radars sont plutôt rares et que 66% des tronçons autoroutiers n’ont pas de limitation de vitesse.

La question démocratique : pourquoi vouloir des radars alors que la majorité des Français sont contre ?

Tous les sondages le disent, les Français sont contre les radars. D’ailleurs, seuls 7% des Français reconnaissent un éventuel rôle positif et 88% des Français ont un avertisseur de radars.

Lire également :

Favoritisme et conflits d’intérêt

Les radars posent question, et notamment l’attribution des marchés. Par exemple, lire Les radars automatiques dans le viseur de la justice pour soupçons de favoritisme. Aussi, Edouard Philippe, promoteur du 80 km/h, et donc in fine de l’augmentation du nombre de PV, siège maintenant en tant qu’administrateur à Atos, prestataire de l’Etat pour les radars.

Question de priorité ?

Quelle est la priorité entre sanctionner les petits excès de vitesse (tolérance 0 !) et l’insécurité dans les rues et transports en commun ? (lire les nombreux exemples à ce sujet : Transports en commun : au moins 267 000 personnes victimes d’atteintes sexuelles entre 2014 et 2015 ainsi que dans la presse quotidienne)

Et les vrais dangers de la route ?

Les radars ne ciblent pas les vrais excès, mais seulement les excès de vitesse par rapport à la vitesse règlementaire (fixée arbitrairement par des administratifs). Ainsi, les vitesses excessives et autres comportements passent à travers, alors qu’ils sont clés pour la sécurité routière. Ainsi, lorsqu’on lit dans la presse qu’un adolescent de 14 ans à bord d’une voiture volée, sous cannabis, a fait course poursuite avec la police, quelle politique pour la sécurité routière ? De quel ministère dépend ce type de faits : Santé (psychiatrie) ? Intérieur (sécurité routière/police) ? Justice (sanction) ? Pourquoi les rodéos sauvages ne sont-ils pas arrêtables (relire Une femme violemment percutée sur un trottoir par un jeune faisant un rodéo et Rodéos sauvages: « Il y a une impunité totale, les gens sont excédés » (vidéos + témoignage)) et sont-ils, in fine, tolérés ? Alors que le moindre excès de vitesse ne l’est plus ?

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